hidden
ArabicEnglishFrenchPortugueseSpanishUkrainian
Petite enfance : la prévention des 1000 premiers jours

Rien n’est définitif…

L’avenir lié à l’épigénétique peut-être, mais surtout à l’éducation !

Anthony LAKE, directeur de l’Unicef, explique, en 2016 « Les études scientifiques montrent que la biologie ne décide pas de notre destin et que c’est le vécu des enfants lors des tous premiers jours et années qui conditionne et définit leur avenir. »

En effet, beaucoup de preuves scientifiques nous permettent de mieux connaître l’impact de notre environnement sur notre santé mais tout ne se joue pas seulement dans nos gênes ou leurs expressions. Il est important de penser les 1000 premiers jours avec ce regard, afin de pouvoir réellement donner leurs chances à tous les enfants et soutenir les parents dans leur rôle.
Les connaissances nous permettent bien sûr de pouvoir donner des conseils, mais qui ne sont pas toujours faciles à suivre par toutes les familles. Ne pas les stresser et leur permettre d’être présents et à l’écoute des besoins de l’enfant est essentiel à son développement. Le premier des conseils est donc d’inciter tous les parents à prendre soin de leur bébé et d’interagir avec lui.

Boris CYRULNIK“On ne peut pas arrêter les guerres et les sources de stress et les causes de l’adversité. Mais les systèmes de protection peuvent atténuer les situations de vulnérabilité psychosociale. À condition que toutes les femmes et familles aient accès en temps et en heure à l’ensemble des soins nécessaires”. Boris CYRULNIK, neuro psychiatre, président de la commission des 1000 jours.

L’accompagnement doit être adapté...

Les grandes lignes ont été données par la commission des 1000 jours

La commission a eu la vertu de mettre en lumière auprès du grand public l’intérêt de cette période, mais aussi de faire prendre conscience aux politiques qu’il est important d’investir dans la petite enfance et d’adapter le parcours des familles.

Le rapport de la commission en a défini les grandes lignes :

  • Améliorer l’accompagnement des parents et renforcer le soutien aux moments clefs – entretien prénatal précoce – séjour à la maternité – retour à domicile – les premières semaines
  • Proposer un accompagnement basé sur les besoins des parents
  • Donner du temps supplémentaire pour la construction de la relation parent-enfant, notamment par l’allongement du congé paternité et d’accueil du jeune enfant
  • Améliorer encore la qualité de l’accueil du jeune enfant chez les assistants maternels, dans les crèches et par les gardes d’enfants à domicile
  • Mettre à disposition des ressources fiables et accessibles pour les parents et l’entourage

Une nécessité pour les familles

Les nouvelles technologies facilitent et accélèrent les réponses à certains problèmes mais sont rarement la solution pour les relations humaines. L’évolution de la société et des parcours de vie ne permet pas à tous les (futurs) parents d’avoir recours à leur famille comme soutien. Ce manque d’étayage indispensable durant cette période peut être à l’origine de difficultés.

Ces aspects doivent nous guider pour créer ces parcours personnalisés, car aujourd’hui beaucoup de parents se disent en difficulté.

D’ailleurs le nombre de mères ou de pères qui vont faire une dépression du post-partum est en augmentation. Or ce sont eux les premiers interlocuteurs du bébé, eux grâce à qui l’enfant peut se développer.

Toutes les personnes autour de la famille peuvent être une aide, un soutien, un réconfort pour rassurer les parents et donc le bébé…

Tous les acteurs participent à l’éducation de l’enfant

Une démarche collective dans l’intérêt des enfants

Un proverbe africain dit « Il faut tout un village pour élever un enfant».

Les neurosciences nous ont permis de mieux comprendre le développement cognitif des bébés, et de connaître l’importance des 1000 premiers jours pour réduire les inégalités. Il est nécessaire que cette période soit prise en compte dans les politiques de santé, sociales et éducatives, mais aussi investie par tous, familles, professionnels de santé et de la petite enfance…enfin toute la société.

  • Les acteurs institutionnels, pour définir les moyens et le cadre possible pour ce parcours des 1000 jours
  • Le monde de la santé, pour aider les parents en leur donnant des conseils adaptés, réalistes et bienveillants
  • Les professionnels de l’éducation, pour accompagner de façon positive les parents dans leur rôle “d’éveilleur”
  • Les interlocuteurs de la culture pour développer les sens, le langage, l’imaginaire et l’éveil du bébé
  • Et en définitive chacun de nous qui peut repérer les fragilités, apporter un soutien avec bienveillance et positivité

Aujourd’hui ce parcours des 1000 jours doit être pensé dans une collaboration entre les parents, les familles, les professionnels de la périnatalité… Chacun amenant ses réflexions, sa curiosité, ses richesses, sa complémentarité dans l’échange. Le but final étant le bien-être, indispensable au développement de l’enfant et ses acquisitions.

« En Scandinavie, les crèches s’attellent à apaiser les enfants plutôt qu’à les sur stimuler. La notation n’arrive qu’à 11 ans. Résultat, à 15 ans, les Finlandais sont médaille d’or au classement PISA et ont réussi à réduire leur taux de suicide par presque deux. » Boris CYRULNIK président de la commission des 1000 jour

Une écoute pour entendre les conseils

Lorsque l’on veut faire de la promotion de la santé, on sait que les messages seuls ne suffisent pas. Cette alliance, entre tous, doit permettre que les conseils soient plus adaptés, de ce fait
mieux compris et entendus par les parents et peut-être suivis…

L’important n’est pas de mettre en place des actions pendant une courte période mais bien de convaincre pour changer durablement certaines habitudes. Parfois d’ailleurs, il faudra du temps pour que les recommandations soient appliquées, mais il faut rassurer les parents, certaines actions mises en place plus tard auront aussi un impact pour la santé de l’enfant.

Cette écoute et la bienveillance doivent aussi permettre de rassurer les parents sur leurs compétences amenant un bien-être familial dont les études prouvent son impact sur la santé.

Les besoins de l’enfant :

  • confiance : encouragez-le, valorisez ses progrès et réussites
  • bienveillance : respectez son rythme, essayez de le comprendre
  • attention : prenez le temps de l’écouter, de lui expliquer calmement les choses
  • exemple : montrez lui l’exemple
  • proximité et disponibilité : prenez le dans vos bras, lisez lui des histoires
  • partage : vous pouvez jouer ou faire des activités avec lui
  • être à sa place : au sein de toute la famille (repas, activités,…)

L’école à 3 ans pour réduire les inégalités…

“Tous les travaux scientifiques de neurologie comme les observations des psychologues sur le terrain montrent que ce qui est fondamental, dans cette période sensible pour le développement du bébé, est qu’il soit dans une sécurité affective. Son appétit d’apprendre se construit dans le plaisir de l’interaction avec ses parents, notamment dans le lien qu’il entretient avec sa mère, figure d’attachement primordiale. Le bébé apprend très bien par lui-même dès lors qu’il se sent
soutenu. Des études montrent d’ailleurs qu’un petit choyé maîtrisera à 3 ans 1000 mots environ, contre 200 pour un enfant dans un contexte familial difficile. Devinez lesquels seront de bons élèves…” Boris CYRULNIK, neuro psychiatre, président de la commission des 1000 jours

age de l'enseignement obligatoire à temps pleinDans toutes les familles les stimulations peuvent différer, parfois parce que les parents ignorent ce qu’il faut faire ou comment faire, parce qu’eux-mêmes n’ont pas bénéficié, enfant, de ces incitations. L’obligation de scolariser les enfants dès 3 ans doit pallier à ces manques et permettre à tous les enfants de bénéficier d’interactions avec d’autres enfants et des éducateurs, afin de réduire les inégalités d’apprentissage.

Les études montrent que l’école maternelle bénéficie aux enfants qui y vont dès 3 ans et que ceux qui en profitent le plus sont les enfants issus des milieux les plus modestes. La maternelle en donnant accès aux livres, aux activités culturelles, en donnant du temps et de l’attention à des enfants qui n’en n’ont pas chez eux est un milieu stimulant.

Dans ce but, la scolarisation en Section des Tout Petits doit proposer à l’enfant un accompagnement personnalisé vers les premiers apprentissages en respectant ses besoins et son développement. La volonté d’associer les parents fait partie du dispositif permettant même dans certains lieux, en lien avec l’école maternelle, la mise en place d’ateliers pour développer la parentalité et la coéducation.

Les objectifs sont de permettre à l’enfant de :

  • Se séparer de sa famille, parfois pour la 1ère fois
  • Découvrir un autre monde
  • Construire de nouveaux liens avec les autres enfants et les adultes, nouveaux référents
  • Développer son vocabulaire, se faire comprendre
  • Etre curieux, faire de nouvelles expériences
  • Jouer pour poursuivre ses acquisitions, motrices, sensorielles et cognitives
  • Développer ses potentialités et sa singularité
  • Aller vers l’autonomie de pensée

L’école est un lieu de sociabilité, la qualité de cette 1ère expérience marquera les modes de relations de l’enfant, déterminantes pour ses compétences sociales futures.