hidden
ArabicEnglishFrenchPortugueseSpanishUkrainian
Petite enfance : la prévention des 1000 premiers jours

La garde de bébé !

Une priorité depuis quelques années

En 2016, la Commission GIAMPINO avait travaillé un an sur la garde des enfants. Elle préconisait la rédaction d’un cadre national pour les modes d’accueil, il devait identifier les principes communs et permettre de définir une identité professionnelle de l’accueil de la petite enfance. La commission souhaitait aussi des modes d’accueil ludiques, ouverts sur le monde, personnalisés et innovants.

En 2019, la France met comme priorité de l’action publique, les 1000 premiers jours de l’enfant, avec la volonté de lutter contre les « inégalités de destin ». Il s’agit d’une priorité à long terme, il a été demandé à la « Commission des 1000 jours » d’examiner le fonctionnement des modes de garde, qui peuvent jouer un rôle important dans la lutte précoce contre les inégalités. Ces inégalités de destin qui commencent souvent avec de grandes différences au niveau de l’acquisition du langage et se poursuivent avec des chances de réussite plus compliquées.

Suite aux travaux de la commission des 1000 jours et aux concertations avec les professionnels de la petite enfance, c’est l’arrêté du 23 septembre 2021 qui crée la charte nationale pour l’accueil du jeune enfant et définit aujourd’hui les exigences en matière de garde des enfants en France.

Le texte rappelle « L’enfant est le cœur de métier des professionnels auxquels il est confié par ses parents. Il doit être au cœur des orientations politiques qui organisent son accueil ».

Une charte décline en 10 points les grandes lignes de cet arrêté :

charte nationale accueil jeune enfant

A travers ce texte, on souhaite sensibiliser tous les acteurs de la petite enfance à des principes qui font consensus et doivent permettre un épanouissement de chaque enfant tout en favorisant ses acquisitions :

  • Une conception globale, attentionnée et non normative du développement du jeune enfant et de la parentalité
  • Le respect des rythmes d’apprentissage de chaque enfant
  • Une interaction, par le langage, le jeu, les expériences sensorielles, nécessaire à son développement physique, cognitif, affectif et social
  • Le choix du jeu spontané avec l’enfant avant trois ans, source d’éveil et d’autonomie, qui favorise l’autorégulation, le langage et les compétences cognitives et sociales
  • L’éviction des écrans avant 3 ans, smartphone, tablette, ordinateur, télévision qui ne permettent aucune interaction indispensable au bon développement de l’enfant

Favoriser l’adaptation aux besoins de chaque famille

Le premier point du cadre national pour l’accueil du jeune enfant rappelle bien que chaque famille est unique et que la garde de bébé doit s’adapter à ses besoins spécifiques ainsi que ceux de sa famille :

« Chaque enfant, chaque famille, est unique. Ils s’inscrivent en même temps dans une société en évolution. Les petites filles et petits garçons accueillis portent leur histoire et leur singularité. Quel que soit le mode de vie de leur famille, quelles que soient leurs situations particulières, sociales, de santé ou de handicap, toutes et tous doivent pouvoir être accueillis ensemble. Le développement des modes d’accueil est, par ailleurs, un objectif à poursuivre afin d’accueillir les enfants qui en sont encore éloignés, dans une perspective de mixité sociale et d’inclusion, conditions d’une citoyenneté partagée. »

Il s’agit aussi d’intégrer tous les enfants avec des besoins spécifiques, en situation de handicap ou avec une maladie chronique et de permettre aux parents avec des situations particulières, handicap, famille monoparentale, travail décalé …, de trouver des réponses adaptées pour la garde de leur bébé.

Suite au rapport des 1000 jours, une mission a été confiée en Mars 2021 à la Fédération nationale de la Mutualité française pour recenser et promouvoir l’offre d’accueil du jeune enfant en horaires atypiques. Destiné aux élus locaux, aux acteurs de la petite enfance et aux entreprises, ce guide effectue un “tour de France” des solutions proposées aux familles, avec leurs atouts et leurs freins.

En France, 13 millions de personnes exercent leur métier tard le soir, la nuit, tôt le matin, le week-end ou les jours fériés. Avec le problème crucial pour les parents concernés de devoir trouver un ou des solutions d’accueil adaptées pour leur(s) enfant(s).

L’enquête réalisée par la Mutualité Française auprès des familles en avril 2021, montre :

  • 90% des parents travaillant en horaires atypiques considèrent qu’il est difficile de trouver un mode d’accueil pour leurs enfants compte tenu de leur rythme de travail
  • 86% ont recours à au moins 3 modes d’accueil différents
    • 68% ont recours à entre 6 modes d’accueil différents
    • 18% ont recours à entre 3 et 5 modes d’accueil différents
    • 14% ont recours à entre 1 et 2 modes d’accueil différents

D’où l’importance de développer des solutions innovantes ou originales pour répondre aux besoins des parents tout en garantissant un accueil optimal des enfants.

Former les personnels…

L’harmonisation du projet éducatif dans l’accueil des enfants avant trois ans

En 2016, la mission GIAMPINO préconisait déjà de créer un socle commun de connaissances et de pratiques pour les professionnels de la petite enfance. En effet une multitude d’acteurs avec des formations différentes prennent en charge les enfants. Il est important d’uniformiser les connaissances surtout autour des acquisitions du tout petit et de ses besoins.

Cela pourrait permettre à terme d’aider les mobilités professionnelles et de favoriser la formation continue, pour le moment peu accessible, notamment aux assistants maternels.

Un socle commun sur les enjeux des 1000 premiers jours…

L’accueil du jeune enfant est un enjeu crucial, il exige que les métiers qui l’assurent soient qualifiés et offrent des perspectives de carrière attractives.

« J’ai besoin que les personnes qui prennent soin de moi soient bien formées et s’intéressent aux spécificités de mon très jeune âge et de ma situation d’enfant qui leur est confié par mon ou mes parents.»

Il s’agit de sensibiliser l’ensemble des professionnels de la PMI, des crèches, les éducateurs de jeunes enfants et les assistants maternels aux 1 000 premiers jours et à la fenêtre d’opportunité pour chaque enfant de construire son avenir grâce à toutes les acquisitions réalisées avant 3 ans.

Ces connaissances doivent être intégrer dans les formations initiales et continues de tous ces acteurs :

  • Recevoir en formation initiale, une base de connaissances communes consacrée au développement du jeune enfant
  • Avoir des contenus sur le dernier état de la connaissance sur le développement du jeune enfant, mais aussi sur la parentalité et les évolutions familiales ou sociétales
  • Etre sensibilisé aux actions de promotion d’égalité filles – garçons, à l’implication égale des deux parents, au repérage des situations de violences, aux droits de l’enfant et à l’éveil artistique et culturel
  • Pour tous, avoir accès à une formation initiale professionnalisante, puis à la formation continue pour, se perfectionner et progresser tout au long de sa carrière

La formation de 600 000 professionnels dans le Plan prévention et de lutte contre la pauvreté

Retardé par la pandémie, ce plan vise à une meilleure qualité d’accueil et une plus grande unité du monde de la petite enfance qui s’appuie sur la charte nationale de la qualité d’accueil et le rapport des 1000 premiers jours de Boris CYRULNIK.

Pour lutter contre les inégalités sociales dès la petite enfance, il veut former pour 2022, 200 000 professionnels sur 7 thématiques :

  • Le langage
  • L’alimentation et la nature
  • L’art et la culture
  • L’accueil occasionnel : le gouvernement souhaite encourager son développement qui correspond selon lui aux besoins des parents en situation de précarité
  • La prévention des stéréotypes
  • L’accueil des parents
  • Le numérique : former les professionnels aux usages et à l’impact des écrans sur les enfants

Tous les professionnels de la petite enfance sont concernés : assistantes maternelles, salariés et agents des structures collectives, gardes à domicile, animateurs de relais d’assistantes maternelles.

Les assistantes maternelles incontournables !

Les assistantes maternelles accueillent les enfants à leur propre domicile. Elles doivent obtenir un agrément délivré par le président du conseil départemental, après vérification par le service de protection maternelle et infantile (PMI) des conditions d’accueil : aptitude personnelle, examen médical, environnement familial, taille et salubrité du logement, etc…

Nombre d’assistantes maternelles

En 2018, d’après l’enquête sur la PMI de la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES)..

  • 389 300 assistantes maternelles étaient agréées en France
  • 283 100 étaient employées directement par des parents
  • 934 300 places disponibles dont 758 900 (82%) pour des enfants de moins de 3 ans

Premier mode de garde choisi par les parents

Premier mode d’accueil après l’accueil parental, les assistantes maternelles sont les alliées de nombreux parents. C’est depuis de nombreuses années le mode de garde le plus choisi par les parents comme le montrent les chiffres de la DREES.

evolution mode garde enfants moins de 3 ans 2022-2013

Cependant il est primordial de rendre le métier attractif et de favoriser la formation continue des assistants maternels :

  • En effet la durée moyenne d’exercice d’une assistante maternelle est de 7 ans
  • L’âge moyen est de 48 ans, avec 40% des AM ayant plus de 50 ans,
  • Les départs ne sont pas toujours comblés par les arrivées dans la profession

Changer le regard et encourager les initiatives

Les 1000 jours doivent changer le regard de la société sur la prise en charge des jeunes enfants, qui n’est pas « une compétence innée dévolue au femmes». Il s’agit d’un métier à part entière qui nécessite des qualifications, des compétences et de la motivation à bien faire en respectant chaque enfant.

Un rapport sénatorial préconise de renforcer la qualité d’accueil, la formation des professionnels et de créer un service public d’accueil pour tous les jeunes enfants.